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HealthTech et Biotechnologies : pourquoi le marché français est en bonne santé


La France est l’un des pays les plus actifs et disruptifs dans le secteur de la HealthTech et des biotechnologies. Ces deux secteurs, utilisant les technologies pour répondre aux grands défis médicaux, représentent l’avenir des sciences de la vie. Plusieurs start-ups françaises se sont faites remarquer sur ce marché disruptif : Eligo Bioscience, développant une nouvelle génération d’antibiotiques ultra-ciblés, Instent travaillant sur un nouveau modèle de stent connecté ou encore Biomodex, désirant parfaire la formation des chirurgiens en leur permettant de s’exercer sur des maquettes chirurgicales ultra-réalistes grâce à l’impression 3D et à l’imagerie médicale.

En répondant à des problématiques diverses, ces entreprises s’apprêtent à dessiner la médecine de demain. Alors, à quoi ressemble réellement le marché de la HealthTech en France et comment expliquer cette effervescence ?

L’excellence de la recherche scientifique

La France bénéficie d’une excellente réputation dans le secteur des sciences et de la médecine. Ce succès s’explique notamment par la richesse de son passé scientifique : l’Hexagone peut se targuer de belles réussites médicales mais aussi de nombreux Prix Nobels reçus par ses compatriotes – la France se hisse à la quatrième place des pays les plus représentés.

Louis Pasteur, Marie Curie ou encore plus récemment Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi – qui ont découvert en 1983 le virus du SIDA – la longue tradition de recherche est marquée par de fortes personnalités françaises. Tout cela contribue à attirer de nouveaux talents et à créer un écosystème dynamique et favorable à l’innovation. Mais la réputation de la France ne s’arrête pas à la recherche : le pays est également plébiscité pour son innovation dans le domaine de la chirurgie avec des initiatives disruptives comme la première transplantation d’un cœur artificiel total en 2008 par Alain Carpentier.

De par sa culture scientifique, la France est donc un terrain propice à l’essor des initiatives biotechnologiques.

Un marché favorable à la création malgré quelques difficultés de développement

Qu’il s’agisse de crédit d’impôt, du statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI), ou encore du Crédit d’Impôt Recherche (CIR), plusieurs aides – en provenance du gouvernement ou d’organismes de financement comme BPI France – favorisent l’émergence de start-ups dans les biotechnologies. À cela s’ajoute de nombreux incubateurs et pépinières, comme ceux de l’Institut Pasteur ou de l’École Polytechnique, permettant aux entrepreneurs de bénéficier de locaux et de matériel adapté.

L’écosystème est donc propice à la création d’entreprises, mais construire la médecine de demain coûte cher sur le long terme. De nombreuses start-ups sont confrontées à des difficultés économiques durant leur développement : le marché français ne dispose pas de suffisamment d’investisseurs pouvant prendre le relais une fois les premiers fonds utilisés.

Expériences multiples, études cliniques, cadres réglementaires lourds et couteux à respecter… La recherche médicale peut vite devenir un gouffre financier. À titre d’exemple, il peut s’écouler 10 ans entre la conception et la mise sur le marché d’un médicament.  C’est pourquoi les entreprises innovantes se tournent aujourd’hui vers les grands laboratoires ou vers le marché boursier pour se financer.

Selon le panorama 2016 de FranceBiotech*, association ayant pour but de promouvoir l’industrie française des biotechnologies et des sciences de la vie, 67% des entreprises déclarent être en recherche de financement. Ce qui semble logique, puisque les 216 entreprises interrogées travaillent sur 337 produits thérapeutiques, 42 dispositifs de diagnostic et 93 dispositifs médicaux, tous en développement à l’heure actuelle. La plupart de ces innovations sont en phase de développement précoce (preuve de concept ou phase préclinique) mais on note une augmentation, d’année en année, du pourcentage d’innovations atteignant des phases plus avancées (études cliniques ou enregistrement commercial). Preuve que le marché se porte bien et que les entreprises de la HealthTech réussissent malgré tout à se financer en passant par des partenariats, en France ou à l’international, ou par une entrée en Bourse.

La France a su se forger un tissu d’entreprises denses, aux volontés assumées, au sein duquel de nombreux talents scientifiques imaginent la médecine de demain. Et, bien que le manque d’investisseurs ralentisse la recherche, rien ne semble pouvoir arrêter cette dynamique.

 

*Source : http://www.france-biotech.org/panorama-2016-de-lindustrie-des-sciences-de-la-vie-en-france/